Malfaçon toiture et infiltrations : recours et solutions
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La toiture, c’est la première ligne de défense de votre maison. Quand elle faillit, tout le reste suit : plafonds tachés, murs humides, isolation dégradée, moisissures. Et les dégâts s’accumulent vite.
J’ai expertisé une maison à Vannes où la propriétaire avait posé des bassines sous les fuites pendant deux hivers en attendant que « le constructeur veuille bien rappeler ». Quand j’ai inspecté les combles, la charpente commençait à pourrir. Ce qui aurait pu être une réparation localisée était devenu un chantier de réfection complète.
Les malfaçons de toiture les plus fréquentes
Toiture en pente (tuiles, ardoises)
- Tuiles mal posées : recouvrement insuffisant, absence de fixation sur les rangs exposés au vent
- Sous-toiture absente ou mal posée : l’écran sous-toiture est la sécurité en cas de tuile cassée ou soulevée
- Noues et arêtiers défectueux : ces jonctions sont les points les plus sensibles
- Zinguerie mal façonnée : gouttières, chéneaux, rives, solins mal raccordés
- Chatière/ventilation insuffisante : la condensation dans les combles dégrade la charpente
Toiture-terrasse
- Relevé d’étanchéité insuffisant : en périphérie et autour des émergences (cheminée, VMC, antenne)
- Pente insuffisante : même une toiture « plate » doit avoir une pente minimale pour évacuer l’eau
- Membrane mal soudée : les raccords entre lés sont le point faible
- Absence de protection : la membrane exposée aux UV se dégrade en quelques années
Charpente
- Bois sous-dimensionné : sections insuffisantes pour la portée
- Assemblages défectueux : connecteurs absents ou mal positionnés
- Bois non traité : sensibilité aux insectes et champignons
- Entraxes non respectés : espacement entre les fermettes supérieur au calcul
Est-ce couvert par la garantie décennale ?
Dans la grande majorité des cas : oui. Une toiture qui ne remplit pas sa fonction d’étanchéité rend le logement impropre à sa destination — c’est le critère central de la garantie décennale.
La jurisprudence est constante sur ce point. Des infiltrations récurrentes par la toiture constituent un désordre de nature décennale, même si elles n’affectent pas la structure porteuse. L’impropriété à destination est caractérisée.
Les seuls cas où la décennale ne joue pas :
- Tuile cassée par un événement extérieur (tempête, grêle) → assurance habitation
- Défaut d’entretien manifeste (gouttières bouchées depuis des années, mousse non traitée)
- Infiltration par une fenêtre de toit mal entretenue (joint usé non remplacé)
Que faire en cas d’infiltration ?
1. Limiter les dégâts
Bâchez provisoirement si possible. Recueillez l’eau pour protéger les planchers. Ne touchez pas à la couverture vous-même si les travaux sont sous garantie — vous pourriez compromettre vos preuves.
2. Documenter
Photos datées de l’infiltration (traces au plafond, murs humides, eau qui coule). Notez la date, les conditions météo, et la localisation précise.
3. Signaler par écrit
LRAR au couvreur/constructeur décrivant l’infiltration. Si la maison a moins d’un an, c’est la garantie de parfait achèvement. Sinon, garantie décennale.
4. Faire expertiser
L’expertise est cruciale pour identifier l’origine exacte de l’infiltration. Parfois c’est évident (tuiles manquantes), parfois c’est un défaut invisible depuis le sol (relevé d’étanchéité, raccord sous le faîtage).
L’expert vérifie aussi les dommages collatéraux : état de la charpente, de l’isolation, des plafonds. Les dégâts cachés sont souvent plus importants que ce qu’on voit.
Le cas particulier de la toiture-terrasse
Les litiges sur toitures-terrasses sont parmi les plus fréquents que je traite. Le problème vient souvent de la conception ou de la mise en œuvre de l’étanchéité.
Un cas récent à Bordeaux : un appartement au dernier étage d’une résidence de 2019, infiltrations à chaque forte pluie. L’expert du syndic pointait un « défaut d’entretien ». Mon expertise a montré que le relevé d’étanchéité en périphérie faisait 8 cm au lieu des 15 cm minimum imposés par le DTU 43.1. Malfaçon claire. L’étancheur et son assureur ont pris en charge la réfection complète.
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FAQ
Une tuile cassée par le vent, c’est la décennale ?
Non, c’est un événement extérieur couvert par l’assurance habitation (tempête). En revanche, si les tuiles s’envolent parce qu’elles n’étaient pas fixées conformément aux règles de l’art, c’est une malfaçon → décennale.
Le couvreur propose de réparer gratuitement, dois-je accepter ?
Méfiance. Exigez un engagement écrit sur la nature des travaux. Et faites contrôler la réparation. Un « coup de mastic » sur un défaut d’étanchéité ne résout rien durablement.
Mon toit fuit depuis la construction mais le constructeur dit que c’est normal le temps que les tuiles se mettent en place. C’est vrai ?
Non. Une toiture neuve doit être étanche dès la pose. Il n’existe aucune période de « rodage ». Si votre toit fuit dès le premier hiver, c’est une malfaçon.
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